Google Search Console : le guide pour comprendre ce que Google pense de votre boutique
La Search Console est l'outil gratuit qui montre ce que Google pense de votre boutique : les recherches qui vous amènent des visiteurs, les pages qu'il refuse d'afficher, les alertes de sécurité. Comment l'ouvrir, les cinq rapports à lire chaque mois, les messages à ignorer et ceux qui doivent vous alerter.
Vous savez combien de commandes votre boutique a reçues ce mois-ci. Mais savez-vous combien de fois elle est apparue dans Google, sur quelles recherches, et combien d'internautes ont cliqué ? Savez-vous si Google a cessé d'afficher certaines de vos fiches produits ?
Toutes ces réponses se trouvent dans un outil gratuit de Google : la Search Console. C'est le seul endroit où Google vous dit directement ce qu'il pense de votre site. Nous l'avons présentée rapidement dans les 6 vérifications pour savoir si Google voit bien votre boutique. Ce guide va plus loin : quoi regarder, comment le comprendre, et quand vous inquiéter.
Pas besoin d'être technicien. Dix minutes par mois suffisent, à condition de savoir où regarder.
Avant de commencer : avoir accès à la Search Console
La Search Console s'ouvre sur search.google.com/search-console, avec un compte Google. Pour voir les données de votre boutique, Google doit d'abord s'assurer qu'elle vous appartient.
Votre boutique y est peut-être déjà. Un prestataire, une agence ou un ancien webmaster l'a souvent inscrite, avec son propre compte Google. Dans ce cas, demandez-lui de vous ajouter comme utilisateur. C'est une bonne règle : les outils de votre boutique doivent être accessibles avec un compte qui vous appartient, pas seulement avec celui d'un prestataire.
Si elle n'y est pas, il faut l'ajouter. Google propose deux façons de le faire :
| Type de propriété | Ce qu'elle couvre | Comment prouver qu'elle est à vous |
|---|---|---|
| Domaine (ex. votreboutique.fr) | Tout le site : avec ou sans « www », en http comme en https | Un enregistrement à ajouter chez votre fournisseur de nom de domaine (OVH, Gandi, IONOS…) |
| Préfixe d'URL (ex. https://www.votreboutique.fr) | Uniquement les adresses qui commencent exactement ainsi | Un petit fichier à déposer sur le site, une ligne à ajouter dans la page d'accueil, ou votre compte Google Analytics |
La propriété « Domaine » est la plus complète. C'est un réglage de quelques minutes pour votre prestataire.
Attention à un piège fréquent : si la preuve est un fichier déposé sur le site et que quelqu'un le supprime, par exemple lors d'un nettoyage ou d'un changement de thème, Google retire l'accès après un délai. Google recommande d'ailleurs de prévoir plusieurs méthodes de validation.
Rapport n° 1 : les performances, ou ce que Google fait pour vous
C'est le rapport le plus utile, et le plus agréable à lire. Il montre comment votre boutique se comporte dans les résultats de recherche de Google. Il s'ouvre par un graphique avec quatre chiffres :
| Chiffre | Ce qu'il veut dire |
|---|---|
| Clics | Le nombre de fois où un internaute a cliqué sur votre site depuis Google |
| Impressions | Le nombre de fois où votre site est apparu dans les résultats, même si personne n'a cliqué |
| CTR (taux de clics) | Les clics divisés par les impressions : sur 100 affichages, combien de clics |
| Position moyenne | Votre place moyenne dans les résultats : 1 est le premier lien, 11 est en haut de la deuxième page |
Ces chiffres ne concernent que les résultats naturels de Google. Vos publicités Google Ads n'y figurent pas.
Les deux onglets à ouvrir
Sous le graphique, un tableau propose plusieurs onglets. Deux sont précieux pour un commerçant.
L'onglet « Requêtes » liste les mots tapés dans Google qui ont fait apparaître votre boutique. C'est souvent une surprise : vous découvrirez comment vos clients décrivent vraiment vos produits, avec leurs mots à eux. Ces mots sont une mine pour rédiger vos fiches produits et vos catégories.
L'onglet « Pages » montre quelles pages de votre boutique attirent le plus de visiteurs depuis Google. Vous verrez peut-être qu'une vieille fiche produit fait plus de visites que votre page d'accueil.
Trois situations à repérer
Beaucoup d'impressions, peu de clics. Google vous montre, mais les internautes choisissent un autre lien. Le titre et le petit texte qui s'affichent dans Google ne donnent sans doute pas envie de cliquer. Ces textes se modifient dans le back-office de PrestaShop, page par page.
Une position entre 5 et 15 sur une recherche importante. Vous êtes tout près du but. Un travail sur la page concernée (texte plus complet, meilleur titre, liens depuis vos autres pages) peut la faire monter dans les premiers résultats, là où se font la plupart des clics.
Une chute brutale des clics. Comparez avec la même période de l'année précédente : un creux en août peut être normal pour votre activité. Si la chute ne s'explique pas par la saison, regardez immédiatement le rapport n° 2.
Bon à savoir : Google conserve les données des 16 derniers mois. Pour comparer deux années complètes, notez vos chiffres clés chaque mois dans un tableau.
Rapport n° 2 : l'indexation des pages, ou ce que Google refuse d'afficher
Pour apparaître dans les résultats, une page doit d'abord être enregistrée par Google : on dit qu'elle est indexée. Le rapport « Pages » sépare les pages indexées de celles qui ne le sont pas, et donne pour chacune la raison.
C'est le rapport qui inquiète le plus les commerçants, souvent à tort. Une boutique a toujours beaucoup de pages non indexées, et c'est normal. Le panier, le compte client, les pages de commande ou les résultats de recherche n'ont rien à faire dans Google. PrestaShop demande d'ailleurs lui-même à Google de ne pas les visiter, grâce à son fichier robots.txt, tout comme les pages triées par prix ou filtrées.
Tout le travail consiste donc à distinguer les messages normaux de ceux qui doivent vous alerter.
Les messages en général sans gravité
| Message de Google | Ce que ça veut dire |
|---|---|
| Page avec redirection | L'ancienne adresse renvoie vers une nouvelle. Seule la nouvelle est enregistrée : c'est voulu. |
| Autre page avec balise canonique correcte | La page est un doublon, et elle désigne elle-même la bonne version à Google. C'est le cas, par exemple, d'une même page avec des paramètres dans l'adresse. |
| URL bloquée par le fichier robots.txt | Google a été prié de ne pas visiter cette page. Normal pour le panier, le compte client ou la recherche ; anormal pour une fiche produit. |
| Introuvable (404) | La page n'existe plus. Normal pour un produit supprimé, à condition qu'il n'ait pas de remplaçant. |
| Explorée, actuellement non indexée | Google a lu la page mais a choisi de ne pas l'enregistrer pour l'instant. Google indique qu'il est inutile de la soumettre à nouveau. |
| Détectée, actuellement non indexée | Google connaît la page mais ne l'a pas encore visitée. Pour quelques pages, rien d'inquiétant. |
Les messages qui demandent une action
| Message de Google | Pourquoi c'est important |
|---|---|
| Erreur serveur (5xx) | Le site n'a pas répondu à Google. Si ça arrive à Google, ça arrive aussi à vos clients. À traiter en priorité. |
| Soft 404 | La page semble vide ou indiquer une erreur, alors que le site dit qu'elle existe. Souvent des catégories vides ou des produits désactivés. |
| Erreur liée à des redirections | Une redirection tourne en boucle ou passe par trop d'étapes. Le visiteur n'arrive jamais à destination. |
| Page en double : Google a choisi une autre URL canonique que l'utilisateur | Google n'est pas d'accord avec votre site sur la bonne version de la page. |
| URL marquée « noindex » | La page demande à ne pas être enregistrée. Normal pour certaines pages, grave si ce sont vos produits ou vos catégories. |
Le vrai signal d'alerte : vos pages importantes
Plutôt que de chercher à faire disparaître tous les messages, posez-vous une seule question : mes catégories et mes produits phares sont-ils bien indexés ?
Deux situations méritent une vérification par un professionnel :
- le nombre de pages indexées baisse fortement, d'un mois à l'autre, sans que vous ayez supprimé de produits ;
- le nombre de produits supprimés en « Introuvable (404) » grimpe alors qu'ils avaient des remplaçants. Chaque ancienne fiche qui recevait des visites devrait renvoyer vers le produit équivalent, sinon ces visites sont perdues.
Rapport n° 3 : les sitemaps, ou la liste que vous donnez à Google
Le sitemap (plan du site) est la liste des pages que votre boutique propose à Google. Sur PrestaShop, il est en général produit par le module officiel « Google sitemap ».
Dans le rapport « Sitemaps », vérifiez deux choses :
- l'état doit être « Opération effectuée » ;
- la date de dernière lecture doit être récente.
Cliquez ensuite sur le sitemap pour voir le nombre de pages découvertes. S'il est très différent du nombre de produits et de catégories que vous avez réellement, le plan du site est sans doute périmé : c'est un problème fréquent, que nous détaillions dans notre article sur les 6 vérifications.
Rapport n° 4 : l'inspection d'une page
En haut de la Search Console se trouve une barre de recherche. Collez-y l'adresse complète d'une de vos pages : Google vous dit s'il la connaît.
- « Cette URL est sur Google » : la page peut apparaître dans les résultats.
- « Cette URL n'a pas été indexée par Google » : elle n'apparaîtra pas, et Google donne la raison.
C'est l'outil idéal pour une vérification ponctuelle : votre nouvelle collection, une page de promotion, une catégorie que vous venez de réécrire.
Après une modification importante, le bouton « Tester l'URL active » vérifie la version actuelle de la page, puis « Demander une indexation » invite Google à repasser. Google précise que c'est généralement une affaire d'un ou deux jours, sans garantie, et que le nombre de demandes est limité chaque jour. Inutile donc de le faire pour chaque produit : pour beaucoup de pages, c'est le sitemap qui fait le travail.
Rapport n° 5 : la sécurité et les sanctions
Dans le menu de gauche, deux rapports méritent un coup d'œil chaque mois. Dans l'immense majorité des cas, ils indiquent qu'aucun problème n'a été détecté. Mais s'ils affichent quelque chose, c'est la priorité absolue.
- Problèmes de sécurité : Google pense que votre site a été piraté ou qu'il peut nuire à vos visiteurs. Un avertissement peut alors apparaître sous votre site dans les résultats de recherche, et le navigateur peut afficher une page d'alerte à vos clients avant même qu'ils n'arrivent sur votre boutique.
- Actions manuelles : une personne chez Google a constaté que le site ne respecte pas ses règles, et l'a pénalisé dans les résultats.
Dans les deux cas, faites appel rapidement à un professionnel. Si vous pensez que votre site a été piraté, nos conseils sont sur notre page site PrestaShop piraté.
Et la vitesse ? Le rapport Core Web Vitals
La Search Console contient aussi un rapport sur l'expérience de vos visiteurs, appelé « Core Web Vitals » (Signaux Web essentiels). Il se base sur des mesures réelles, recueillies chez les internautes qui utilisent le navigateur Chrome. Il classe vos pages en trois catégories : « Bon », « Amélioration nécessaire » et « Médiocre », séparément pour le mobile et l'ordinateur.
Si votre boutique a peu de visiteurs, ce rapport peut rester vide : Google n'a pas assez de mesures. Ce n'est pas un problème en soi. Pour comprendre ces indicateurs et ce qu'ils coûtent en ventes, lisez notre article Votre boutique PrestaShop est lente : ce que ça vous coûte.
Votre routine de 10 minutes par mois
Google le confirme : inutile de consulter la Search Console tous les jours. Il envoie un e-mail lorsqu'il détecte un nouveau problème, et conseille une visite environ une fois par mois. Voici la nôtre :
- Performances : clics et impressions sur les 3 derniers mois, comparés à la période précédente. Notez les chiffres.
- Requêtes : repérez une ou deux recherches où vous êtes en position 5 à 15. Ce sont vos prochaines pages à améliorer.
- Pages : le nombre de pages indexées est-il stable ? Y a-t-il des « Erreur serveur (5xx) » ou des « Soft 404 » ?
- Sitemaps : dernière lecture récente, état « Opération effectuée ».
- Problèmes de sécurité et actions manuelles : aucun problème détecté.
Et une habitude simple : ne mettez pas les e-mails de la Search Console à la corbeille sans les lire. Ils sont rares, et quand ils arrivent, ils signalent souvent un vrai problème.
Ce que vous pouvez faire vous-même, et ce qu'il vaut mieux confier
Vous-même : la routine mensuelle ci-dessus, la lecture des requêtes pour enrichir vos fiches produits, la réécriture des titres et descriptions des pages qui ont beaucoup d'impressions et peu de clics, l'inspection de vos pages importantes.
À confier à un professionnel : l'inscription de la boutique et la validation par votre nom de domaine, la correction des erreurs serveur, des soft 404 et des boucles de redirection, les redirections des produits supprimés vers leurs remplaçants, la régénération automatique du plan du site, et bien sûr tout problème de sécurité.
La Search Console ne fait pas monter votre boutique toute seule. Mais elle vous dit où vous en êtes, et elle vous prévient quand quelque chose ne va pas. C'est le tableau de bord de votre visibilité sur Google : le regarder dix minutes par mois, c'est éviter de découvrir un problème trois mois trop tard, quand les ventes ont déjà baissé.
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